Une antenne télécom consomme 3 000 litres de gasoil par an. Avec le prix du carburant et les coupures de Socadel, le modèle n’est plus tenable. MTN a signé avec l’Etat, Orange sous-traite à un Canadien et Camtel construit 245 sites solaires.
Ce n’est plus un secret pour personne : le plus gros frein au réseau mobile au Cameroun n’est pas la fibre, c’est l’énergie. Et les trois opérateurs l’ont compris.
MTN Cameroon : l’accord historique avec l’État
C’est le plus structuré. Le 20 juin 2022 à Yaoundé, MTN Cameroon a signé un accord-cadre avec l’Agence d’Electrification Rurale (AER). Le principe est simple : l’AER met à disposition de MTN l’énergie produite par ses centrales solaires villageoises. MTN, en retour, alimente ses stations relais rurales avec cette énergie propre, au lieu de faire tourner des groupes.
Les sites pilotes ont démarré dans l’Ouest et le Littoral. L’accord prévoit un déploiement dans les 10 régions. C’est le pilier de sa stratégie ESG. Pour MTN, l’enjeu est double : réduire son empreinte carbone et surtout, diviser par 3 sa facture énergétique rurale.
Orange Cameroun : le pari 100% solaire de NuRAN
Orange a choisi une autre voie : externaliser. Son partenaire, le Canadien NuRAN Wireless, construit et opère des sites télécoms solaires en mode NaaS (Network as a Service). NuRAN finance le pylône, les panneaux et les batteries lithium, puis Orange paie un loyer mensuel pour l’utiliser.
Au 28 août 2026, NuRAN a livré les 122 premiers sites pour Orange Cameroun. Malgré une trésorerie qui a fondu de 80% au 2e trimestre 2026 à cause des investissements massifs, le modèle fonctionne : la majorité des sites atteignent déjà leur trafic cible.
La prochaine étape consiste à connecter ces sites isolés via Starlink, testé au Nigeria.
CAMTEL : 245 nouveaux sites, tous hybrides
L’opérateur public camerounais ne veut pas rester derrière. Dans son plan d’expansion 2026, CAMTEL annonce 245 nouveaux sites pour passer de 473 à 718 sites.
Dans le détail technique du projet, CAMTEL mentionne « extension des ateliers d’énergie ». Traduction sur le terrain : chaque nouveau site sera hybride solaire + batterie + secours réseau. Fini le tout-diesel.
Le calcul qui a tout changé :
– 1 site télécom rural au diesel : 8 millions FCFA / an (gasoil + transport + maintenance groupe)
– 1 site 100% solaire : 3,5 millions FCFA / an (amortissement + batterie)
– Économie : 4,5 millions par an et par antenne.
Avec plus de 3 000 antennes au Cameroun, on parle d’un marché de 13,5 milliards FCFA d’économie potentielle. C’est pour ça que les telcos sont devenus les premiers investisseurs solaires du pays, sans le dire.
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