A compter du 1er novembre 2026, une entreprise pourra lever plus de 20 milliards FCFA par placement privé sur le marché de la CEMAC. Le règlement modificatif a été adopté le 7 octobre à N’Djamena par le Comité ministériel de l’UMAC et publié le 13 octobre par la Cosumaf. L’article 88 est désormais limpide : « Les opérations de placement privé ne sont soumises à aucune limitation de montant ».
Jusqu’ici, le plafond de 20 milliards sur 12 mois obligeait tout développeur à passer par un appel public à l’épargne, long, coûteux et très exposé, dès qu’il dépassait ce seuil.
Pour le secteur que couvre Watt Infos, ce plafond était absurde. Le plan d’urgence de Socadel pour le Nord pèse 44,54 milliards FCFA dont 9,36 milliards pour 10 MW thermiques à Garoua, Maroua et Ngaoundéré. Le barrage Kikot 500 MW est chiffré à 872 milliards. Le programme gaz-to-power Panthera Power au Gabon dépasse 550 milliards. Même la ligne d’évacuation Nachtigal – Douala qui bloque 150 MW attend des centaines de millions.
Avec la réforme de la Cosumaf, un IPP solaire, la KHPC de Kikot ou Gaz du Cameroun peut désormais lever 50 ou 100 milliards directement auprès de 99 investisseurs qualifiés au lieu de 40 auparavant, avec un ticket minimum abaissé à 10 millions FCFA. Le garde-fou : pas plus de deux émissions sur 24 mois.
Pour Watt Infos, l’enjeu est concret : cette flexibilité va-t-elle permettre à Socadel de refinancer sa dette de 150 milliards ou à des indépendants de financer les groupes et transfos qui manquent dans le Nord ? L’outil est là. Aux énergéticiens de prouver que le marché local a la liquidité pour suivre.
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