C’est le contentieux pétrolier le plus lourd du moment en Afrique centrale. Savannah Midstream Investment Limited (SMIL) ne lâche rien. La société britannique réclame 397 millions de dollars, soit environ 228,6 milliards de FCFA (principal + intérêts), dans l’arbitrage qui l’oppose à Cameroon Oil Transportation Company (Cotco) devant la Chambre de Commerce Internationale (CCI) de Paris.
190 milliards de principal + 38,6 milliards d’intérêts
Dans le détail, la demande porte sur : 330 millions de dollars de principal, soit près de 190 milliards FCFA ; Plus de 67 millions de dollars d’intérêts, soit au moins 38,6 milliards FCFA ; Plus les frais de procédure. Conversions données à titre indicatif sur la base de 576 FCFA pour un dollar.
5 défendeurs, dont la SNH
Fait majeur : la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) figure parmi les cinq défendeurs visés par Savannah. À ses côtés : La République du Tchad, SHT Overseas Petroleum (Cameroon) Limited, SHT Doba Pipeline Investment Inc et Cotco elle-même
Pourquoi ce bras de fer ?
Au cœur du dossier : le pipeline Tchad-Cameroun, 1070 km de Kome au Tchad à Kribi au Cameroun, qui transporte le brut tchadien vers le terminal flottant de Kribi.
Cotco est la société qui gère la partie camerounaise de cet oléoduc stratégique. Elle perçoit le droit de transit, une rente de plusieurs milliards FCFA par an pour le Cameroun.
En 2022-2023, Savannah avait annoncé le rachat des actifs d’ExxonMobil au Tchad et au Cameroun, dont 40% dans Cotco. Une transaction contestée par N’Djamena et Yaoundé, qui ont fait valoir leur droit de préemption. Depuis, c’est le blocage et l’arbitrage.
Ce que risque le Cameroun
L’enjeu est triple :
- Financier : Si Savannah obtient gain de cause, la SNH et Cotco devront payer. Une facture de 228 milliards qui pèserait sur la trésorerie.
- Stratégique : Qui contrôle Cotco contrôle le robinet du pétrole tchadien. Et donc les revenus de transit du Cameroun.
- Juridique : C’est la crédibilité du Cameroun comme destination pour les majors pétrolières qui se joue à la CCI.
La SNH n’a pas encore communiqué officiellement sur cette nouvelle réclamation chiffrée. L’affaire est pendante à Paris.
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