Le réseau électrique camerounais joue sur deux tableaux. D’un côté, l’exportation. De l’autre, la consommation interne qui peine à être satisfaite.
Premier dossier : l’interconnexion Cameroun-Tchad. Selon les conclusions d’une mission de la Banque Africaine de Développement (BAD) du 12 au 16 octobre 2026, la première phase du volet camerounais du Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad (PIRECT) est évaluée à 221,3 millions d’euros, soit 145,2 milliards de FCFA.
Cette estimation concerne l’option de restructuration dite « 2-bis ». Au programme : 426 kilomètres de lignes haute tension et plusieurs postes de transformation, pour permettre un transit de 100 MW vers le Tchad à l’horizon 2030. L’Unité de gestion du projet précise que ce montant est une estimation prévisionnelle et non un nouveau financement approuvé par la BAD.
Second dossier, plus urgent : Nachtigal. La centrale de 420 MW tourne à plein régime depuis mars 2025 avec ses sept groupes de 60 MW et a déjà injecté plus de 4 TWh dans le réseau. Mais son énergie reste partiellement prisonnière.
Faute d’achèvement du deuxième corridor de transport, plus de 150 MW de demande industrielle, concentrée dans la zone économique de Douala, ne sont pas satisfaits. Lors d’une inspection le 7 octobre 2026, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a fixé une nouvelle échéance : novembre 2026. Une date déjà reportée depuis juin.
La Société Nationale de Transport de l’Électricité (SONATREL) est pointée du doigt pour ne pas avoir aligné son calendrier sur celui du producteur.
Les deux dossiers illustrent le même goulot d’étranglement africain : produire ne suffit pas, il faut transporter. Entre un projet d’export à 2030 et une production locale qui n’arrive pas à Douala en 2026, le Cameroun doit arbitrer ses priorités d’investissement réseau.
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