C’est un échec qui fait tâche pour la première économie d’Afrique. Le 28 octobre 2026, le Département de l’Électricité et de l’Énergie d’Afrique du Sud a annoncé la clôture de la première fenêtre de son programme Gas Independent Power Producer Procurement Programme (GASIPPPP) sans aucun attributaire.
L’appel d’offres visait 2 000 MW de capacité gazière, pilier de la stratégie du pays pour réduire sa dépendance au charbon, qui assure encore 80% de sa production électrique. Après un an de procédure et un appel à propositions révisé le 20 octobre 2025, quatre offres avaient été reçues en mai 2026 pour un total de 2 830 MW, dépassant l’objectif.
Mais l’exigence clé a bloqué toutes les candidatures : chaque soumissionnaire devait fournir des garanties fermes d’approvisionnement en gaz. Aucun n’a pu le faire.
L’Afrique du Sud est piégée par sa géographie gazière. Le pays importe la quasi-totalité de son gaz via un gazoduc venant du Mozambique, dont les volumes sont en déclin et menacent de s’assécher dans quelques années. Le pays ne dispose d’aucun terminal d’importation de GNL, et ses projets de terminaux avec ExxonMobil et Eskom comme clients d’ancrage sont encore à l’étude.
Ce qui a une conséquence directe : le plan de fermeture de 8 GW de centrales à charbon d’ici 2030, prévu dans l’Integrated Resource Plan 2025, est déjà en retard. Les 6 GW de gaz censés les remplacer ne sont pas au rendez-vous.
Le ministre de l’Électricité, Kgosientsho Ramokgopa, assure que le pays ne renonce pas à ses objectifs gaziers et qu’une nouvelle information sera communiquée avant fin 2026. Mais l’échec souligne une réalité continentale : sans infrastructure d’importation et sans production locale, le Gas-to-Power reste une chimère.
Pour le Cameroun, qui mise sur le gaz de Kribi et le projet Etinde, la leçon est claire : sécuriser le combustible avant de lancer les centrales.
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