L’Afrique du Sud cumule les crises énergétiques. Le 7 octobre 2026, le pays a franchi un cap historique et douloureux : le litre d’essence 95 a dépassé 30 rands à l’intérieur des terres.
La hausse mensuelle a été de 3,33 rands pour l’essence 95 à 30,25 rands inland et 29,38 rands sur la côte, et jusqu’à 3,24 rands pour le diesel 50 ppm à 33,29 rands inland. Depuis janvier 2026, c’est une envolée de 47% pour l’essence et 80% pour le diesel. La cause est externe. Le Brent est passé de 87,89 à 101 dollars pendant la période de revue, tiré par le conflit entre les États-Unis et l’Iran, les incertitudes sur le transport pétrolier dans le détroit d’Ormuz et la baisse des stocks mondiaux. Le mécanisme du Slate, déjà déficitaire de 10,45 milliards de rands fin août, a ajouté 4,38 centimes de levy.
Face à la colère, le ministre des Finances Enoch Godongwana a annoncé le 21 octobre, lors du Medium-Term Budget, une mesure d’urgence : baisse de la taxe générale sur le carburant de 1,50 rand par litre pour l’essence et 3 rands pour le diesel du 4 novembre au 1er décembre, puis 1 rand et 1,50 rand jusqu’au 5 janvier 2027. Coût pour l’État : 10 milliards de rands retournés du Central Energy Fund.
Mais cette aide pourrait être annulée. Au 27 octobre, le Central Energy Fund affichait encore des sous-recouvrements de 1,07 rand pour l’essence et 2,92 rands pour le diesel, ce qui laisse présager une nouvelle hausse de 4,58 rands en novembre.
Dans ce contexte, une alternative gagne du terrain. Présentée à Automechanika Johannesburg du 27 au 29 octobre, la conversion au GPL Autogas est mise en avant par l’Automotive Remanufacturers’ Association. Le GPL se vend autour de 15 rands le litre, soit moitié moins que l’essence, sans nécessiter l’achat d’un véhicule neuf. Selon Isinkwe Energies, ses prix sont moins volatils.
Second coup dur, côté gaz. Le 28 octobre, le Département de l’Électricité a annoncé l’échec de sa première fenêtre d’appel d’offres gaz-to-power. Sur 2 000 MW recherchés, 4 offres totalisant 2 830 MW avaient été reçues en mai, mais aucune n’a pu fournir de garantie ferme d’approvisionnement en gaz. Le pays importe tout son gaz du Mozambique, dont les volumes déclinent, et ne possède aucun terminal GNL. Sa transition pour fermer 8 GW de charbon d’ici 2030 est déjà en retard.
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