L’État du Cameroun a accru sa participation directe dans le capital de la Société nationale de raffinage (SONARA), portant sa part à 98,09 %, contre 81,95 % auparavant. L’évolution ressort d’un avis notarié daté du 14 octobre 2026 et publié par Investir au Cameroun.
Cette nouvelle répartition fait suite aux opérations de recapitalisation approuvées lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 17 juin dernier. Le capital de la société compte désormais 3 216 058 actions, dont 3 154 660 détenues directement par l’État.
La part de TotalEnergies Marketing Afrique est passée de 4 % à 0,42 %, alors que le nombre de ses actions demeure inchangé. Les autres actionnaires publics, notamment la Société nationale des hydrocarbures (SNH), la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures et la Société nationale d’investissement, conservent leurs titres, mais voient leur poids relatif diminuer.
Cette évolution traduit avant tout une modification de la structure du capital. Elle ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une reprise de la production ou d’une amélioration immédiate des performances industrielles de la raffinerie.
Pour le Cameroun, la SONARA occupe une place stratégique dans les discussions sur l’approvisionnement en carburants. La capacité du pays à transformer localement le pétrole brut, à limiter les risques liés aux importations de produits raffinés et à maîtriser les coûts d’approvisionnement demeure un enjeu économique majeur.
Le renforcement de la participation publique pourrait faciliter l’orientation stratégique de l’entreprise et clarifier le rôle de l’État dans ses décisions. Mais la réussite de la relance dépendra également des financements mobilisés, de la réhabilitation des installations, de la gouvernance et de la viabilité économique des opérations.
Les prochaines étapes devront donc être évaluées à partir d’éléments concrets : calendrier industriel, financement des travaux, état des équipements et modalités de retour à une exploitation durable.
La recomposition de l’actionnariat marque une évolution institutionnelle importante. Elle ouvre surtout une nouvelle phase de questionnement sur les moyens nécessaires pour faire de la SONARA un outil industriel performant et fiable au service de la sécurité énergétique nationale.
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