Au Maroc, le prix à la pompe fait le yo-yo et le débat fiscal explose. Le mois d’octobre 2026 restera comme celui de la volatilité maximale pour les automobilistes.
Le 1er octobre, une nouvelle révision à la hausse a été appliquée. Le gasoil a pris 0,80 dirham par litre, l’essence 0,39 dirham, selon les relevés de Finances News Hebdo et LeBrief. Le prix indicatif à Casablanca a franchi les 16,10 à 16,20 dirhams pour le gasoil et 15,60 dirhams pour l’essence. C’est la sixième hausse depuis la mi-juillet, portant la progression cumulée à 3,54 dirhams par litre.
Cette flambée s’explique par un marché libéralisé. Les prix sont indexés sur les cotations Platts Rotterdam, le taux dollar/dirham et la structure des marges validée par une commission qui se réunit les 1er et 16 de chaque mois. Le Maroc, importateur net, subit de plein fouet la hausse du brut liée aux tensions au Moyen-Orient. Les stocks stratégiques couvrent 40 à 60 jours.
Face à la pression sociale, une première bouffée d’oxygène est intervenue le 16 octobre : baisse de 20 centimes pour le gasoil, essence stable. Le litre est repassé à 15,90 – 15,98 dirhams à Casablanca. Mais ce répit reste fragile. La prochaine révision est attendue le 1er novembre.
Sur le plan politique, le gouvernement passe à l’offensive fiscale. Dans le projet de loi de finances 2026, il propose de porter le taux de l’Impôt sur les Sociétés de 35% à 40% pour les entreprises d’importation et de distribution d’hydrocarbures réalisant un bénéfice net supérieur à 100 millions de dirhams. L’argument : taxer les super-profits liés à la volatilité, au même titre que d’autres oligopoles.
Cette mesure intervient alors que la facture énergétique du pays a bondi de 32,6% à 96,4 milliards de dirhams à fin août, creusant le déficit commercial à plus de 282 milliards de dirhams.
Heureusement, un secteur sauve la balance : l’automobile. Les exportations auto atteignent 116 milliards de dirhams à fin août 2026, en hausse de 14%, représentant plus d’un tiers des exportations totales de 334 milliards. Le Royaume reste premier exportateur automobile vers l’Europe.
Pour amortir le choc pour les ménages, le gouvernement maintient son aide directe exceptionnelle aux transporteurs routiers de marchandises et de personnes, avec un montant indexé sur les cours.
Entre taxe des pétroliers et succès de l’auto, le Maroc cherche son équilibre énergétique.
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