Le pays a changé de méthode. Fini le modèle où l’Etat se contentait de 10% de royalties. Avec le Code minier de 2024, la loi sur le contenu local et la création de la SOPAMIB, Ouagadougou veut peser. Sept projets miniers sont déjà gérés par la société d’Etat, objectif dix à moyen terme. Rachat des mines de Boungou et Wahgnion, reprise en cours de Perkoa.
Le chiffre le plus parlant concerne l’or artisanal. La collecte nationale est passée de 450 kg à plus de 42 tonnes en 2025. Autrement dit, l’Etat a réussi à sortir des circuits frauduleux l’équivalent de la production d’une mine industrielle.
Et 145 milliards ont été versés au Fonds de soutien patriotique entre 2024 et 2025. L’argument sécuritaire est central.
Mais la performance pose question. Cette manne repose à 90% sur l’or, dont le cours est au plus haut. Que se passera-t-il en cas de retournement ? La SOPAMIB a-t-elle les compétences pour opérer des mines complexes sans s’appuyer sur des partenaires techniques ? Et le retrait de l’or des circuits informels signifie-t-il une meilleure rémunération pour les orpailleurs ou une simple captation étatique ?
Le Burkina a réussi à reprendre le contrôle financier. Reste à transformer cette rente en diversification économique réelle.
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