D’un côté, la facture pétrolière qui tue le secteur électrique. La banque centrale alerte à la mi-octobre : les subventions carburant vont exploser en 2026 en CEMAC. Au Cameroun, en octobre, le gasoil est importé à 974,93 FCFA/litre pour être vendu à 828 FCFA. Perte sèche : 147 FCFA par litre. En septembre, le ministre Louis Paul Motaze a dû sortir 57 milliards FCFA en un mois, soit 18,4% du budget annuel de subventions.
Ces 57 milliards, c’est l’équivalent de tout le programme d’urgence de Socadel dans le Nord. Chaque litre subventionné, c’est un transformateur qui n’est pas acheté.
De l’autre côté, la solution mine. Le 5 octobre, la BEAC a validé sa stratégie 2027-2030 : acheter l’or produit localement en CEMAC pour renforcer ses réserves. Aujourd’hui, ses 6,28 tonnes valent 492,9 milliards FCFA contre 333,9 milliards un an plus tôt, soit +159 milliards grâce au cours de l’or, sans acheter un gramme.
Cet or vient des mines artisanales et industrielles du Cameroun, du Gabon, du Congo et de RCA, des mines qui tournent au diesel et qui consomment des MW. En structurant leur achat, la BEAC structure aussi un circuit qui peut générer des devises pour financer les importations d’équipements électriques – groupes, câbles, pylônes pour la ligne Nachtigal.
La BEAC propose aussi de s’approvisionner à la raffinerie Dangote au Nigeria plutôt qu’à Rotterdam pour économiser du fret.
Au fond, la BEAC arbitre : continuer à brûler des devises pour subventionner l’essence, ou transformer la rente minière en mégawatts pour le réseau.
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