Le chiffre qui inquiète est dans le rapport de septembre. Les subventions et transferts de l’Etat devraient grimper à 3.388,3 milliards FCFA en 2026 contre 2.605,8 milliards en 2025, soit un bond de 30% et 4,03% du PIB régional. Un gouffre qui fragilise le franc CFA.
Pourquoi ? Parce que la CEMAC importe massivement du carburant raffiné depuis l’Europe. Chaque tonne importée depuis Amsterdam-Rotterdam-Antwerp implique fret maritime long, marges de raffinage élevées et surtout une demande massive en dollars et en euros qui vide les réserves de change de la BEAC.
La solution selon la BEAC s’appelle Dangote. La raffinerie d’Aliko Dangote à Lekki près de Lagos, avec ses 650.000 barils par jour, est la plus grande raffinerie à train unique au monde. Elle offre un circuit court. Moins de 1.000 km maritimes pour le Cameroun contre plus de 8.000 km depuis l’Europe. Moins de fret, moins de délais, moins de pression sur le dollar.
La BEAC propose une rupture stratégique : mutualiser les achats à l’échelle sous-régionale au lieu de négocier en ordre dispersé comme lors de la crise de 2022. Négocier collectivement 200.000 barils par jour donnerait un pouvoir de négociation face à Lagos.
La raffinerie exporte déjà vers le Cameroun, le Gabon et la RDC. Reste à lever les barrières logistiques, harmoniser les spécifications carburants et convaincre la SONARA et les autres importateurs. Mais pour la BEAC, l’équation est simple : acheter africain pour sauver le franc CFA.
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