Annoncée en Conseil de Cabinet le 30 avril 2015, la première centrale éolienne du Cameroun de 42 MW extensible à 80 MW sur les Monts Bamboutos n’a jamais vu le jour. Dix ans plus tard, le pays reste sans éolien industriel malgré un potentiel réel.
Le Cameroun devait lancer en 2015 son tout premier projet éolien. Selon le communiqué du Conseil de Cabinet mensuel, une expérience pilote de production d’énergie éolienne verrait bientôt le jour sur les Monts Bamboutos, avec une centrale de 42 mégawatts extensibles à 80 mégawatts. L’annonce était faite par Basile Atangana Kouna, alors ministre de l’Eau et de l’Énergie.
Ce projet devait diversifier un mix énergétique dominé à 73,3% par l’hydroélectricité et à 25% par le thermique. L’objectif officiel était de porter la part des renouvelables à 74,4% avec l’apport de la biomasse et de nouvelles sources.
Plus d’une décennie plus tard, aucun coup de pioche n’a été donné. Sur le terrain, le site des Monts Bamboutos, à cheval entre l’Ouest et le Nord-Ouest, présente pourtant des vitesses de vent favorables de 5 à 6 m/s, suffisantes pour une production pilote.
Les raisons du blocage sont multiples : absence de cadre tarifaire spécifique à l’éolien, déficit d’études de vent bancables, et priorité donnée au barrage de Nachtigal (420 MW) et aux centrales solaires de Guider et Maroua.
Pour Watt Infos, un expert du MINEE confie sous anonymat : « L’éolien n’est pas abandonné, mais il n’est pas prioritaire tant que le potentiel hydro n’est pas saturé. »
Résultat : contrairement aux fausses annonces virales d’un parc de 100 MW inauguré, le Cameroun compte zéro MW éolien injecté sur le réseau en 2026.
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