C’est une station que des milliers de Doualais traversent chaque jour. TotalEnergies Bessengue, sur l’axe le plus fréquenté de l’arrondissement de Douala 1er. Et c’est une photo qui parle d’elle-même.
Notre reporter est passé ce matin. Constat, l’auvent principal qui devrait être blanc et rouge est gris noir, strié par les eaux de pluie et la pollution. Les deux piliers porteurs ont perdu leur éclat. Le mur d’enceinte affiche un « PARKING INTERDIT » à moitié effacé. Derrière, un immeuble aux climatiseurs rouillés complète le tableau d’un site qui a visiblement raté sa dernière campagne de rénovation.
Pourtant, les pompes fonctionnent. Les pompistes sont là. Le carburant coule. Ce n’est pas une question de service, c’est une question d’image et de sécurité.
Deux poids, deux mesures de TotalEnergies
Interrogés sur place, des chauffeurs de taxi confient, « quand tu vas à Total Bonapriso, tu crois être en Europe. Ici à Bessengue, tu sens que la station est fatiguée ». Et ils ont raison. Depuis son rebranding de Total à TotalEnergies en 2021, le groupe a promis de mettre ses stations aux normes internationales, auvents métalliques modernes, éclairage LED, boutiques Bonjour, toilettes propres.
A Douala, ce chantier est visible à Yassa, à Logpom, à Bonapriso. Mais à TotalEnergies Bessengue, à Village, à Deido, Ndokoti, plusieurs stations historiques sont restées avec l’ancien auvent en béton des années 90, qui noircit et s’effrite.
Pourquoi cette différence ? La réponse est connue du secteur, 90% des stations sont en gérance libre. Le gérant paie son loyer et doit entretenir. Mais TotalEnergies, en tant que propriétaire de la marque, garde la responsabilité de l’image et de la charte visuelle.
Le Top management interpelé
Cette photo de Bessengue n’est pas une attaque, c’est une alerte. Premièrement, pour l’image du Cameroun. TotalEnergies est le plus grand réseau pétrolier du pays avec plus de 150 stations. Une station vieillissante en plein centre de Douala, capitale économique, dégrade l’image de toute la ville.
Deuxièmement, pour la sécurité. Un auvent en béton non entretenu, avec infiltrations, finit par présenter des risques. Quand a eu lieu la dernière visite technique de Bessengue ?
Troisièmement, pour les clients. Les Doualais paient le même prix du carburant à Bessengue qu’à Bonapriso. Ils sont en droit d’avoir le même niveau de propreté et d’accueil.
Nous interpellons la Direction générale de TotalEnergies Marketing Cameroun, un plan de rénovation des stations historiques du centre-ville est-il prévu pour 2026 ? Un simple coup de peinture, un Karcher haute pression et un éclairage neuf suffiraient à rendre à Bessengue sa dignité.
En attendant, Watt Infos continuera sa tournée des stations. Prochaine étape, Tradex, MRS, Neptune, etc. La propreté n’est pas une question de marque, c’est une question de respect du client.
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