Selon le communiqué du Ministère des Armées de la France du 7 octobre 2026, la ministre Catherine Vautrin s’est rendue à La Réunion et à Madagascar les 5 et 6 octobre à l’occasion de l’escale de deux Rafale, deux A330 MRTT et un A400M.
Le cœur du dossier est énergétique.
À Antananarivo, la ministre et le président malgache, le colonel Michaël Randrianirina, ont évoqué la densification du trafic maritime dans le canal du Mozambique, dans le contexte des tensions au Proche et Moyen-Orient. Ce couloir est devenu critique. Avec l’instabilité en mer Rouge, le trafic des méthaniers en provenance du Qatar et des futurs champs gaziers du Mozambique, opérés notamment par TotalEnergies et Eni, est dérouté par le sud de l’océan Indien.
La France entend se positionner en garant de cette route. Depuis La Réunion, présentée comme un point d’appui stratégique capable d’accueillir un détachement aérien d’envergure, les Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien assurent une mission de surveillance et de reconnaissance permanente. Paris y consacre 4,3 milliards d’euros dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030.
Le drone, outil de souveraineté énergétique
Le volet industriel de la visite est le plus significatif pour le secteur. La ministre a visité le site d’AerialMetric, société franco-malgache qui conçoit et produit des drones à Madagascar.
Au-delà de la coopération classique, la France a procédé à la première cession d’un drone de surveillance et de reconnaissance aux forces armées malgaches. L’objectif officiel est d’accroître la capacité de contrôle des approches maritimes malgaches dans le cadre de l’action de l’État en mer.
Pour le secteur énergétique, l’enjeu est double. D’abord, permettre à Madagascar de surveiller ses propres zones économiques exclusives où des blocs pétroliers sont à l’étude. Ensuite, créer un réseau de surveillance interopérable avec les pays de la Commission de l’océan Indien, Comores, Maurice et Seychelles, qui ont participé au vol de présentation en A330 MRTT avec ravitaillement en vol.
Il s’agit d’une approche pragmatique. Plutôt que de maintenir une présence permanente coûteuse, Paris transfère des capacités de drones fabriqués localement pour verrouiller les abords des infrastructures gazières.
Cette visite intervient alors que les investissements dans le gaz mozambicain redémarrent et que la sécurisation des routes d’approvisionnement en GNL est devenue prioritaire pour l’Europe.
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