C’est plus qu’un accident industriel. C’est la révélation d’un système sous tension. Le bloc d’Agadem alimente la raffinerie de Zinder et l’oléoduc géant vers le terminal béninois de Sèmè-Kpodji. Toute interruption menace les revenus de l’Etat et l’approvisionnement.
Mais Niamey a choisi de frapper fort ailleurs. Le 13 octobre, le comité de négociation a lancé un ultimatum de 45 jours aux trois sociétés chinoises CNPC, WAPCO et SORAZ. En cause, plus de 3 000 milliards FCFA de manquements présumés : non-respect du contenu local, non-rapatriement des recettes via le circuit BCEAO, absence d’audits et de certifications de réserves.
Le bras de fer n’est pas nouveau. En mars 2025, les dirigeants de ces sociétés avaient été expulsés en 48 heures. Après un an de négociations, l’Etat a obtenu 45% de participation dans WAPCO et la baisse du tarif de transport de 27 à 15 dollars le baril.
Aujourd’hui, la question est simple : le Niger peut-il à la fois gérer une catastrophe environnementale majeure et imposer ses conditions à son unique partenaire pétrolier ? L’enquête indépendante, menée avec des experts algériens, devra établir les responsabilités. En attendant, les populations pastorales craignent une contamination durable des sols et de l’eau. Et aucun bilan de volume déversé n’a encore été publié.
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