Selon le document, le capital de Gaz du Cameroun est passé de 66,007 milliards à 8,978 milliards FCFA. Décision prise le 25 août par l’actionnaire unique, Cameroon Holdings Limited, mais rendue publique seulement six semaines plus tard. Le flou entoure l’opération. L’avis légal ne précise ni le mécanisme ni la destination des fonds. S’agit-il d’une absorption de pertes antérieures, d’un remboursement à l’actionnaire ou d’une autre opération comptable ? Impossible de le dire sans les états financiers complets.
Pour comprendre, il faut remonter au 29 juillet 2025. Ce jour-là, les administrateurs de Victoria Oil & Gas, maison mère britannique en administration depuis février 2023, cèdent toutes les parts de Bramlin Limited, qui détient 100% de l’opérateur camerounais, à Cameroon Holdings Limited. Prix de vente : 470.000 livres sterling, soit environ 356,4 millions FCFA. Une somme dérisoire pour une entreprise qui porte 68,5 milliards de créances selon les documents de cession.
Depuis, Gaz du Cameroun, qui alimente en gaz les industries de Douala et la centrale thermique de Logbaba, peine à retrouver son souffle. Le champ, qui devait être une vitrine du gaz-to-industry camerounais, fait face à des difficultés techniques, des impayés de Socadel et une gouvernance contestée.
Cette réduction massive de capital interroge sur la santé réelle de l’opérateur et sur la stratégie de son nouveau propriétaire. Les observateurs y voient une opération de nettoyage de bilan avant une recapitalisation ou une recherche de partenaire. Mais en l’absence de transparence, les spéculations vont bon train sur l’avenir de l’un des rares producteurs de gaz onshore d’Afrique centrale.
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