C’est la petite révolution du Budget 2027 cachée page 20 de la circulaire présidentielle. Point 70 : « Dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des orientations du Plan National Climat, du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC) et de la Contribution Déterminée Nationale, les administrations veilleront à la préparation des projets résilients et qui facilitent leur éligibilité aux financements verts. Les administrations procéderont au marquage de l’ensemble des dépenses aussi bien en fonctionnement qu’en investissement, conformément à la méthodologie présentée dans le manuel de marquage budgétaire sensible au climat et à l’environnement. »
Pour Watt Infos, la traduction est brutale : en 2027, un projet qui n’est pas vert ne sera pas financé. Jusqu’ici, on demandait de l’argent pour réparer la centrale de Dibamba (88 MW au fioul lourd) en disant « il faut de la production ». Désormais, il faudra prouver que ce projet résiste au changement climatique et qu’il est éligible aux green bonds, aux financements AFD ou BAD Climat.
Impossible pour Dibamba. Elle émet 700g de CO2/kWh. Elle sera marquée « brun », donc exclue.
A l’inverse, le barrage de Kikot, le solaire de Maroua, l’éolien de Bamboutos, la biomasse de la SOSUCAM deviennent prioritaires. Ils cochent toutes les cases : résilients, bas carbone, éligibles aux sukuk verts et aux obligations durables citées page 16, point 54.
La circulaire cite même les instruments : « obligations vertes, obligations durables, sukuk, financements climatiques ». C’est la première fois qu’un document budgétaire camerounais les liste.
Conséquence : le MINEE et le MINEPAT doivent maintenant apprendre à parler le langage climatique. Or, le fameux « manuel de marquage budgétaire sensible au climat » n’a jamais été publié. Aucun directeur à SONATREL ne l’a vu.
Sans manuel, pas de marquage. Sans marquage, pas de budget 2027.
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