Inaugurée le 31 octobre à Abuja, la Banque Africaine de l’Énergie veut combler un déficit de 200 milliards $. Le même jour, l’Afrique du Sud échoue à trouver des producteurs de gaz, au bord du gas cliff.
Deux annonces, un même constat : l’Afrique doit financer son gaz elle-même. Samedi 31 octobre 2026, l’Afreximbank et l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) ont officiellement créé la Banque Africaine de l’Énergie (AEB) à Abuja. Capital autorisé : 5 milliards de dollars. Premier président : l’égyptien Helmy Ghazi.
La banque est née d’un constat simple. Les bailleurs internationaux comme la Banque Mondiale ou la BAD se retirent du financement fossile. Résultat, l’Afrique fait face à un déficit d’investissement énergétique estimé à 200 milliards de dollars. L’AEB financera toute la chaîne : exploration, production, transport, raffinage et distribution. Elle se veut panafricaine, supranationale et indépendante.
Naissance de la banque africaine de l’énergie, échec de l’Afrique du Sud
Le timing est critique. Au même moment, l’Afrique du Sud vient d’annoncer l’échec de son premier appel d’offres pour 2 000 MW de centrales à gaz. Aucun soumissionnaire retenu pour le Gas IPP Bid Window 1. Le pays entre dans ce que les experts appellent le « gas cliff ». L’approvisionnement en gaz mozambicain via Sasol s’arrêtera en juin 2028. Les réserves de Pande-Temane s’épuisent. Plus de 300 industries, de l’acier à l’agroalimentaire, sont menacées.
En Côte d’Ivoire et au Sénégal, le gaz est devenu le pilier de la transition. Le Sénégal produit déjà 2,9 millions de tonnes de GNL par an avec le projet GTA. La Côte d’Ivoire maintient ses prix pour préserver son électricité.
La nouvelle banque africaine entend justement soutenir ces projets de « transition juste » : utiliser le gaz comme carburant de transition vers le renouvelable, sans dépendre des financements occidentaux.
Reste à transformer les 5 milliards de la Banque africaine de l’énergie en projets concrets. Les prochains mois diront si l’AEB réussit à débloquer les centrales gazières dont l’Afrique australe a besoin.
See also
Afrique du Sud : son premier appel d’offres gaz-to-power de 2 000 MW échoue
Leave a comment