Selon le rapport State of African Energy 2026, l’Afrique détient les clés de la transition avec ses mines critiques. Un marché de 500 GW de projets renouvelables attend des financements.
Sans mines critiques, pas de transition. C’est le message du rapport State of African Energy 2026 Outlook qui sera présenté cette semaine. L’Afrique ne produit pas seulement du pétrole. Elle détient 70% du cobalt mondial, 40% du manganèse et des réserves majeures de cuivre, lithium et graphite.
Ces minéraux sont indispensables aux batteries, aux éoliennes et aux réseaux électriques. Avec plus de 500 GW de projets solaires et éoliens en planification sur le continent, la demande explose. Mais le financement manque. Entre 2020 et 2025, seulement 34 milliards de dollars ont été investis dans les clean tech en Afrique, dont 52% dans le solaire et 25% dans l’éolien terrestre.
La nouvelle Banque Africaine de l’Énergie créée à Abuja le 31 octobre entend changer cela. Au-delà du pétrole et du gaz, elle prévoit de financer la chaîne de valeur des minéraux critiques : extraction, raffinage local et transformation.
L’enjeu est double. D’abord éviter que l’Afrique n’exporte brut comme pour le pétrole. La Zambie et la RDC, premiers producteurs de cuivre et cobalt, exigent désormais une transformation locale. Ensuite sécuriser les revenus pour financer l’accès à l’électricité. 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès au courant.
Au-delà des mines critiques
Le rapport note aussi un paradoxe. En 2060, l’Afrique représentera 28% de la population mondiale mais seulement 9% des émissions liées à l’énergie. Le continent pollue peu mais possède les ressources pour décarboner le monde.
Plusieurs projets illustrent ce virage. Au Maroc et en Afrique du Sud, des usines de batteries sont en construction. Au Zimbabwe et au Mali, le lithium attire les chinois et les australiens.
Mais le risque est le retour du modèle extractiviste. La société civile demande des normes environnementales strictes et un partage équitable. La Banque Africaine de l’Énergie promet une transition juste.
Pour le Watt Infos, le lien est clair. Le pétrole du Bénin finance aujourd’hui, les mines de demain financeront l’électricité.
See also
Leave a comment