Par Watt Infos – http://wattinfos.com, La puissance de l’information
Ndollè City, le méga projet camerounais de 10,7 milliards de dollars, dévoile sa stratégie d’autonomie énergétique pour la phase 1 à Sikoum. Grâce à un mix hybride innovant de 150 MW associant solaire, thermique et valorisation complète des déchets, la future technopole ambitionne d’éradiquer le délestage tout en instaurant un modèle unique d’économie circulaire en Afrique centrale.
Sikoum Dibamba s’apprête à accueillir bien plus qu’une extension urbaine moderne. Le méga projet Ndollè City franchit un cap décisif en révélant les détails de sa stratégie énergétique globale. À l’approche de la pose de la première pierre fixée au 16 décembre 2026, cette future technopole ne se présente plus comme une simple consommatrice de ressources, mais comme une véritable centrale de production à ciel ouvert. Son mot d’ordre est clair : zéro délestage et zéro déchet non valorisé.
La genèse d’un projet hors norme à 10 milliards de dollars
Inscrit au cœur de la Stratégie Nationale de Développement du Cameroun (SND30), Ndollè City est né d’un accord tripartite historique entre l’État du Cameroun, le promoteur historique Impex Trading Sarl et le bras financier RD Congo Investment Fund SA. Ce complexe écotouristique et industriel s’étend sur 1 500 hectares pour sa première phase opérationnelle. Placé sous le haut patronage du président camerounais Paul Biya, le projet ambitionne d’injecter 10,7 milliards de dollars, soit environ 6 500 milliards de FCFA, dans l’économie nationale, avec la promesse de créer deux millions d’emplois directs et indirects.
Un mix énergétique hybride fondé sur quatre sources
Pour alimenter cette infrastructure gigantesque sans peser sur le réseau interconnecté national, la direction mise sur l’innovation. Selon son promoteur, Abraham Junior Ngosso, Ndollè City déploiera une puissance installée de 150 MW pour la phase 1, dont une tranche immédiate de 60 MW opérationnels dès le lancement des travaux en décembre. L’originalité du projet réside dans son mix énergétique hybride réparti sur quatre sources distinctes :
- 40% Solaire (60 MWc) : Une grande ferme solaire au sol sera construite, complétée par une obligation stricte d’installer des toitures photovoltaïques sur l’ensemble des usines, des entrepôts et des logements. La construction est confiée à un consortium public privé chinois sous contrat EPC.
- 30% Waste to Energy (45 MW) : C’est le cœur de la ville durable. Une unité de tri et de méthanisation traitera les déchets organiques des ménages, des marchés et des agro industries. Elle sera couplée à une unité de Combustible Solide de Récupération (CSR) pour les déchets non recyclables, assurant une production continue de biogaz jour et nuit. Ce système règle simultanément le défi énergétique de la ville et le problème de salubrité de la métropole voisine de Douala.
- 20% Thermique Gaz Propre (30 MW) : Des groupes électrogènes de nouvelle génération fournis par TEKNE S.p.A. et Wartsila fonctionneront en dual fuel (gaz et huile végétale hydrotraitée) pour sécuriser la charge de base et le secours (backup).
- 10% Stockage (15 MW / 60 MWh) : Un parc de batteries BESS (Battery Energy Storage System) stabilisera l’ensemble de ce réseau électrique intelligent (smart grid).
Un modèle de financement 100% privé (IPP)
L’indépendance énergétique de la future cité repose sur le modèle de Producteur Indépendant d’Électricité (IPP), intégralement porté par des capitaux privés via la RD Congo Investment Fund SA. Pour matérialiser cette ambition, des alliances stratégiques internationales de premier plan ont été nouées. L’italien TEKNE S.p.A., adossé au Groupe NUBURU aux USA, hérite d’un contrat de 5 milliards d’euros pour le déploiement des centrales modulaires, de la logistique et de la sécurité énergétique. Un consortium chinois prendra le relais pour la ferme solaire et l’usine de valorisation. Enfin, le projet bénéficie de la facilitation active de l’Ambassade du Cameroun en Italie et de la Chambre de Commerce Italie Cameroun.
« Ndollè City sera la première ville d’Afrique centrale à transformer 100% de ses déchets en électricité. Notre centrale hybride de 150 MW combine 40% solaire, 30% waste to energy, 20% gaz et 10% stockage. Nous ne construisons pas une ville qui consomme de l’énergie, nous construisons une ville qui en produit », précise la direction du projet.
En associant habilement économie circulaire et technologies de pointe, Ndollè City dessine le futur de la souveraineté énergétique sur le continent africain.
Laisser un commentaire