Le gaz sénégalais s’invite à Moscou. En marge du 8e Sommet des Chefs d’État du Forum des Pays Exportateurs de Gaz (GECF), tenu les 26 et 27 octobre 2026 sous la présidence de Vladimir Poutine, le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a multiplié les rencontres bilatérales.
L’annonce la plus commentée est intervenue le 28 octobre : la possibilité d’un partenariat entre le géant russe Gazprom et la société nationale Petrosen. Selon le communiqué du ministère, les échanges ont porté sur le transfert d’expertise et de compétences techniques russes au profit de Petrosen.
Au-delà de Gazprom, le ministre s’est entretenu avec ses homologues russe, azerbaïdjanais, iranien et qatari. L’objectif affiché est clair : accompagner les projets structurants du Sénégal dans les hydrocarbures, valoriser industriellement les ressources gazières nationales et accélérer la stratégie Gas-to-Power.
Cette stratégie est vitale pour Dakar. Le Sénégal a mis en service une nouvelle centrale à gaz et ambitionne d’alimenter l’ensemble de ses centrales électriques au gaz local. Une transition qui pourrait générer une économie de 140 milliards de FCFA par an sur la facture énergétique nationale dès 2026.
Le pays dispose désormais de deux grands projets gaziers, Grand Tortue Ahmeyim (GTA) partagé avec la Mauritanie et Sangomar. Mais le défi reste l’industrialisation, la construction d’infrastructures logistiques et la montée en compétence locale, d’où l’intérêt pour l’expertise de Gazprom, premier producteur mondial de gaz.
Ce rapprochement intervient dans un contexte géopolitique sensible. Alors que l’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements, la Russie cherche à renforcer ses alliances énergétiques en Afrique. Pour le Sénégal, il s’agit de jouer la carte du multilatéralisme énergétique : partenariat historique avec BP et Kosmos, ouverture vers la Chine, et maintenant dialogue avec Moscou.
Reste à transformer ces discussions en contrats fermes.
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